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Tester la qualité des drogues sur le terrain pour réduire les risques

2004/10/03 - Le Matin

Que contient la pilule que j’avale ou la poudre que je sniffe ? Le drug checking, soit le test de la composition d’un produit sur le site d’une fête, permet de répondre partiellement aux questions que se pose tout acheteur de substances. Un procédé décrit par ses détracteurs comme une incitation à la consommation.

La présence massive de "nouvelles drogues" dans les soirées technos est depuis longtemps une réalité que même les grandes boîtes de nuit ne peuvent plus ignorer. En 2000 déjà, la police fédérale recensait en Suisse quelque 70 000 consommateurs de drogues de synthèse. En amont de la répression qui vise les dealers, et parallèlement à la prévention, certains professionnels de la santé prônent aujourd’hui la "réduction des risques" : si la consommation ne peut être évitée, autant qu’elle se passe dans les meilleures conditions possible. Car si ces drogues sont dangereuses en elles-mêmes, elles le sont d’autant plus lorsque le dealer y ajoute d’autres substances pour en augmenter le volume. Le drug checking permet en outre d’entrer en contact avec l’acheteur et de l’informer sur les risques qu’il encourt.

Au niveau légal, le test des drogues ne pose pas de problème. Il s’agit donc d’obtenir des autorisations au plan communal ou cantonal. En Suisse, seuls la Ville de Zurich et le canton de Berne autorisent ce type d’analyse, à l’aide d’un laboratoire mobile mis à disposition par le pharmacien cantonal bernois.

L’association lausannoise Prevtech, qui agit dans toute la Romandie, se bat aujourd’hui pour susciter une volonté politique dans le canton de Vaud. Une grande enquête auprès des consommateurs a ainsi été réalisée en collaboration avec le SUPEA (Service universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent) du CHUV.

La mise en place du drug checking nécessite la collaboration de la police, qui s’engage à se tenir à distance du stand, mais également des organisateurs de soirées. Soucieux de ne pas ternir leur image clean, ces derniers sont en général réfractaires à ce type de mesures. Rien n’a été mis en place pour l’heure dans les autres cantons romands.

Deux méthodes permettent d’appliquer le drug checking sur site :
- La chromatographie en phase liquide (HPLC) : En vingt minutes, le chimiste fournit au consommateur des résultats fiables sur la composition de sa pilule - dont le quart est sacrifié pour le test - ou de sa poudre. Cette méthode fournit des données intéressantes sur les drogues disponibles sur le marché. Elle est par contre onéreuse (3000 francs par soirée).
- Le test de marquis : Beaucoup moins poussé que le HPLC, ce test se base sur une simple réaction chimique. Il ne donne que peu d’information sur le dosage et la concentration du produit, mais permet de mettre en évidence les "produits de coupe", soit les substances autres que la drogue elle-même. Il a l’avantage d’être bon marché et de pouvoir se pratiquer dans toutes les soirées, y compris dans des "raves sauvages".

CAMILLE KRAFFT
www.prevtech.ch
Date de parution dimanche 10 octobre 2004 22:55

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